Aumônerie catholique Janson de Sailly Delacroix

Mutation

mercredi 14 février 2018 par Abbé François-Xavier Desgrange

Le train va partir dans 10 mn pour Givors, mais c’est bon, notre groupe est arrivé dans les temps sur le quai de la gare et les adolescents peuvent s’installer. Et merveille ! Jusqu’à présent c’était le chaos : devant Janson de Sailly puis dans les couloirs et les wagons du métro, c’était un vrai chaos ambulant : les 25 adolescents de l’aumônerie qui partaient en retraite, empêtrés dans leurs sacs, inattentifs et rigolards, formaient un chaos volubile, et seule l’attention vigilante d’un animateur avait préservé de l’écrasement une petite dame imprudente. Mais soudain c’est le calme. Comme au déluge avait succédé une lente décrue, au tohu-bohu juvénile a succédé une agitation tranquille.

Mais c’est pendant la retraite que va se réaliser la véritable mutation. Ce n’est ni le calme de la campagne ni la tranquillité de la maison d’accueil qui peuvent expliquer ceci : les adolescents sont passés de l’agitation tranquille à « l’ engagement ferme envers Dieu d’une conscience droite » (1P 3,19). Il y a eu d’abord un premier enseignement et puis un autre et un long temps de prière devant le Saint Sacrement. Mais il me semble que si les adolescents ont chacun fait le choix de Dieu, c’est grâce à une rencontre. Nous avons regardé le soir un film récent : « Je m’appelle Bernadette ». Cette rencontre avec la jeune sainte a été déterminante. Les adolescents retiendront qu’avec « sa persévérance », « son fort caractère », et sa foi, « elle a fait ce que la Vierge Marie lui dit de faire ». Vouloir faire le bien demandé par Dieu ! C’est la rencontre avec Bernadette qui a permis aux adolescents de vouloir faire l’Evangile et de cesser d’agir en fonction du regard des autres, comme ils le diront quelques semaines plus tard. Rencontrer un visage qui nous aidera à nous convertir ; trouver un guide pour, dans notre vie, faire l’Evangile : n’est-ce pas là l’enjeu de notre carême ?

C’est Noé qui accueille dans l’arche ses enfants ; c’est lui qui fait entrer dans l’espace du salut sa maison ; c’est lui qui mène la barque et c’est grâce à lui que ses fils peuvent devenir « le pasteur de leur animalité intérieure ». Nous désirons vivre une vie plus fidèle à l’Evangile, nous désirons faire ce que dit le Seigneur, mais sans guide, nous nous perdrons dans le désert. Le volontarisme échoue, dans notre vie de prière comme dans notre vie de famille ou notre engagement au travail. Le carême invite à se délester, à partager davantage, à offrir notre sourire, notre écoute et notre aide. Mais comment faire l’Evangile sans le soutien d’un frère ou d’une sœur ?

Dans nos vies, Dieu veut « lutter contre ce qui détruit les relations par ce qui les construit, combattre ce qui divise par ce qui relie, ce qui tue par ce qui donne la vie », rappelle André Wénin, le bibliste de Louvain. Dieu produit en nous cette mutation en nous faisant rencontrer le Christ, qui s’approche de nous dans le sourire d’une sainte, la beauté d’une méditation, le calme d’une église, la remise de soi dans une confession ou la messe quotidienne. Puissions-nous d’abord reconnaître le tohu-bohu qui nous habite ; puissions-nous ensuite faire une rencontre dans le Christ pour arriver un peu plus, toujours modestement, mais avec un véritable engagement, accompagné par cette joie qui est le signe de Dieu, à faire l’Evangile.

Père François-Xavier Desgrange


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